Errance : danse, arts platiques, philosophie

PROJET ‘ERRANCE’ – Présentation générale

Il me faut vivre cette quête qui est la mienne…’ Raymond Depardon

Professeurs : Sylvie Costa (pour la danse) / Sylvie Daval (pour les arts plastiques) / Gilles Vidberg (pour la philosophie)

PRESENTATION DU PROJET

Tout est parti de la lecture d’un livre : Errance du photographe Raymond Depardon et du désir de professeurs de faire se rencontrer leur discipline : danse, arts plastiques, philosophie, sur le thème de l’errance, entendue comme ‘mise en disponibilité à ce qui advient’.

Ce thème, l’errance, sera un fil conducteur pour le travail des élèves de terminale qui suivent l’option danse et pour les élèves de seconde, première et terminale qui suivent l’option arts plastiques.

Un partenariat se met en place avec le 19 (CRAC de Montbéliard – Centre Régional d’Art Contemporain) qui propose un artiste en résidence : Stephen Wilks, qui habite et travaille à Berlin et dont l’œuvre renvoie, par certains de ses aspects, aux motifs de la déambulation, du voyage, de la marche.

Stephen Wilks viendra travailler sur place, au lycée, deux fois dans l’année, pour une durée totale de trois semaines, sur un projet : une procession en ville… Sa présence sera l’occasion de rencontres avec les élèves et de travaux conduits en commun.

Voilà pour le ‘noyau dur’ du projet.

Autour, pour nourrir la réflexion et le travail des élèves et des professeurs – nous insistons sur cette conjonction de coordination ! – sont prévues différentes choses :

la projection, durant le 1er trimestre, de films dans le cadre du ciné-club du lycée, en relation avec l’idée d’errance,

– la tenue, au lycée, du 12 mars au 20 avril, en partenariat avec le FRAC franche-comté (Fond Régional d’Art Contemporain), d’une exposition d’œuvres d’art choisies en fonction du thème de l’errance.

la visite de deux expositions : en octobre, l’exposition ‘Pour une République des Rêves’ au CRAC Alsace d’Altkirch et en novembre l’exposition ‘Erre’ au centre Pompidou-Metz. (Gilles Vidberg)

… il me semble qu’est absent de ta présentation ce qui est pour moi fondamental: le fait que tous nos échanges, lectures, rencontres, visites d’expositions servent une chose importante qui est, à mon sens, le centre du projet : le fait que cela débouche sur une production d’élèves, un cheminement qui leur permet de grandir, d’avancer. Dans ce sens, tous les apports reçus servent en quelque sorte les productions des jeunes…Les élèves sont le centre… (Sylvie Costa)

CALENDRIER

Les moments marquants de notre parcours sont présentés dans notre JOURNAL DE BORD.

Dates à retenir :

  • 5 avril, 12h30 en salle polyvalente : présentation du projet aux collègues en présence des élèves intéressés et de Stephen Wilks. Inauguration de ‘la chenille’ …
  • 13 avril : procession en ville qui partira du lycée dans l’après-midi et qui se poursuivra jusqu’à la nuit…
  • Du 12 mars au 20 avril : exposition du FRAC en salle polyvalente du lycée.

JOURNAL DE BORD – « Projet Errance »

« Car nous sommes où nous ne sommes pas » P.J. Jouve

« Le monde est grand mais en nous il est profond comme la mer » R.M. Rilke

Mars 2011

Choix du thème de « l’errance » à partir de la lecture du livre du photographe Raymond Depardon, ‘Errance’. Nous décidons de travailler avec le groupe danse de terminale et les groupes arts-plastiques des trois niveaux : seconde, première et terminale.

 

Mai – juin

Echanges de textes entre nous (les professeurs), écriture…

En juin, nous en parlons aux élèves …

Juillet – Août

Quelques élèves font un carnet de voyage pendant les vacances.

Septembre

3 interventions du professeur de philosophie sur la notion d’errance. Il s’agit d’approcher la richesse et les ambiguïtés de cette notion, son caractère dialectique, c’est-à-dire le type de rapports qu’elle met en oeuvre entre dedans/dehors, immobilité/mouvement, vitesse/lenteur, enracinement/déracinement, identité/altérité, ouverture/fermeture… <textes des interventions disponibles au CDI>

Octobre

Nous allons avec une vingtaine d’élèves visiter la belle exposition « Pour une

République des Rêves » au Centre Régional d’Art Contemporain d’Altkirch, exposition centrée sur le voyage.

Katia Rapacchietta, qui est chargée des publics et de la communication, nous guide à travers une diversité d’œuvres présentées sous six sections : déserts et montagnes ; forêts ; cabinets de curiosités ; traversées ; paysages, lignes, traces et territoires imaginaires.

 

Novembre

Le ciné-club du lycée présente un choix de films autour de la notion d’errance :

  • trois films de Wim Wenders : Au fil du temps, Les ailes du désir et Paris-Texas,

 

  • deux fils de Jim Jarmusch : Dead man et Stranger than paradise,

  • un film d’Agnès Varda : Sans toit ni loi,

  • un film de Ray Ashley et Morris Engel : Le petit fugutif.

Décembre

Le 7 décembre, nous passons la journée à Metz (une trentaine d’élèves). Après une visite rapide de la cathédrale et de la gare (où nous nous réfugions pour manger), nous passons l’après-midi au Centre Pompidou-Metz qui propose une riche exposition dont le titre est ‘ERRE’, exposition centrée sur le motif du labyrinthe.

Deux guides du musée nous accompagnent dans les méandres de cette exposition orchestrée en huit chapitres thématiques : le labyrinthe architectural ; éloge de l’errance et de la déambulation ; le labyrinthe mental ; Métropolis ; bouleversements cinétiques ; temps perdu ; initiation/édification ; l’art comme labyrinthe.

Février 2012

Du 13 au 17 février, ‘notre’ artiste en résidence, Stephen Wilks arrive de Berlin où il vit et travaille. Il passe du temps avec les élèves. Il présente son travail, nous parle de son projet de procession en ville pour le 13 avril.

Au départ, un livre : La ferme des animaux de Georges Orwell (1903-1950), un conte sombre dans lequel les animaux d’une ferme se révoltent contre leur propriétaire et prennent le pouvoir. Cette œuvre est une allégorie à peine dissimulée de toute révolution populaire, la révolution russe de 1917 en particulier …

Durant la procession du 13 avril, ce sont donc les hommes qui porteront les animaux (de grandes sculptures souples…) en une marche qui partira du lycée pour nous conduire jusqu’au parking de la Capitainerie, près du champ de foire…

Stephen Wilks propose aussi un travail avec les élèves, centré sur la déambulation urbaine, un peu dans la tradition de la flânerie urbaine des surréalistes ou de la dérive des situationnistes.

Nous partons donc ‘errer’ en ville pour prendre quelques repères, imaginer de nouvelles approches de l’environnement urbain. Nous prenons conscience à cette occasion de la difficulté de changer nos modes habituels de perception…

Cette expérience doit se concrétiser par une production plastique.

Stephen Wilks repart pour Berlin. Il doit revenir le 5 avril pour une dizaine de jours…

…. je te propose de rajouter dans » le journal d’un voyage » ce qui nous mobilise depuis janvier dans notre travail de danse.

Imprégné des lectures, expositions, films, rencontres…, chacun, dans le cours de danse, s’essaie à définir sa propre errance, abordant ainsi, au cours d’improvisations durant quelquefois 45 minutes le travail du solo, élaguant sans cesse, épurant pour définir son propre langage corporel.

 » Il faut faire le vide et travailler dans une vacuité initiale…faire le vide non seulement par rapport aux formes constituées… nécessité de défaire ce qui n’a été que trop bien fait…recherche d’un mouvement libéral du corps, démarche de création. » Catherine Kinztler in  » L’improvisation et les paradoxes du vide »

Au final, cela débouchera, le jour de la présentation (le 13 avril) sur 9 solos, écrits comme autant de versions personnelles d’une quête…

Il me semble qu’il faut, dans la totalité des écrits, présentations de documents, trouver un équilibre entre ce qui nous a mobilisé (nous, professeurs et élèves, depuis presque un an)  et ce qui est dû à la présence de l’artiste dont la thématique de la déambulation est quelque peu différente de notre réflexion sur l’errance… (Sylvie Costa)

…Tu peux également parler du fil d’Ariane que nous avons fabriqué en arts plastiques et des baluchons remplis de matériaux lourds ou légers qui symbolisent le cheminement, le vagabondage et le déroulement du temps, notions en rapport avec l’errance, lourde ou légère en fonction du ressenti de chacun. Tu pourrais aussi, je pense mettre la liste des textes que tu nous as proposé et citer Richard Long, Hamisch Fulton et Francis Alyss ou encore Giacometti… (Sylvie Daval)

Mars

Le FRAC (Fond Régional d’Art Contemporain) vient installer des œuvres dans la salle polyvalente du lycée, œuvres spécialement choisies en fonction du thème de l’errance…

Les sculptures de Stephen Wilks sont arrivées par ‘camion spécial’ au lycée. Les régisseurs du 19 apportent une assez grande quantité de paille pour ‘remplir’ les sculptures, qu’il faut vider auparavant de leur espèce de polystyrène… En effet, Stephen Wilks prévoit de brûler ‘les animaux’ et de récupérer leurs cendres… Il faut donc prévoir une matière (la paille) dont la fumée ne soit pas nocive. Un ‘chantier’ s’organise…

Avril

Le 5 avril, Stephen Wilks vient présenter son travail dans la salle polyvalente du lycée en présence de l’équipe de l’équipe du ‘19’, du proviseur du lycée et de son adjoint et des élèves intéressés. La presse a été conviée : c’est le moment d’annoncer la procession qui aura lieu le 13.

C’est l’occasion aussi d’inaugurer ‘la chenille’, imposante sculpture de notre artiste… Des élèves écrivent des textes sur le corps de l’animal, textes parlant de transformations et de métamorphoses. Ces textes ‘français’ viennent s’ajouter à d’autres, dans d’autres langues… Belle rencontre des cultures : la chenille trace une ligne entre les peuples !

Durant la semaine, ‘la section’ arts plastiques du lycée produit une œuvre graphique sur un mur extérieur du lycée sous le regard exigeant de Stephen Wilks. Cette création est la matérialisation de la déambulation urbaine menée en février par les élèves inscrits en option ‘arts plastiques’. Elle se situe résolument dans la tradition des productions ‘psychogéographiques’ réalisées par l’important courant de pensée des années 50, nommé ‘le situationnisme’, qui défendait une nouvelle approche, moins fonctionnelle, plus humaine et plus sensible, du milieu urbain.

13 avril. Le grand jour est arrivé ! Disons-le tout de suite : nous craignions que la procession programmée ne se déroule pas selon nos plans ! (Y aura-t-il assez de porteurs ? les sculptures ne seront-elles pas trop lourdes ? Le temps sera-t-il favorable ?) Mais si tout avait été programmé, prévu, où serait l’intérêt ? Où, surtout, serait le caractère imprévisible, proprement inouï, de l’art ? C’est cela que dit la notion d’errance : faire et, en faisant, voir les choses se faire… le chemin s’invente en marchant…

Tout s’est bien passé !

Beaucoup de monde a assisté aux solos de danse. La beauté de ces solos a été comme mis en évidence par l’attention du public présent. Le silence respectueux et contemplatif qui entourait les danseuses était remarquable…

La procession qui a suivi a été joyeuse, enthousiaste. Elle a été l’événement attendu, ce moment qui rompt avec la quotidienneté de l’existence d’une ville et qui permet une relance du temps… Cette procession, dans son caractère bellement utopique, tente l’impossible :refonder le temps, l’espace (urbain) et la communauté qui les habite.

Cela s’est terminé à la nuit ! Les animaux ont brûlé sur le parking du champ de foire… La métamorphose voulue par Stephen Wilks s’est accomplie.

Une fin et un commencement…

Arts plastiques

Visite de l’exposition ERRE au centre Pompidou à Metz en décembre 2011 avec les élèves de terminale ES et les élèves des options danse et arts plastiques

Danse

Actions autonomes menées par le Lycée Cuvier

  • Voyage culturel  à Paris réunissant les élèves option danse et musique le 3/4/5 Février 2011
  • Stage de week-end avec les élèves de première et terminale et leur professeur de danse à Montenois (mars 2011)
  • Carrefour des métiers, Lycée Portes ouvertes, mars 2011, festival des expressions au Lycée (Mai 2011)
  • 25 mars 2011 : soirée des Arts  » spectacle théâtre -danse – musique -arts plastiques » au Théâtre de L’Allan à Montbéliard (élèves de première et terminale)
  • Sorties spectacles tout au long de l’année dans les différentes Scènes de la région: Centre Chorégraphique National (Belfort), La Filature (Mulhouse), Théâtre Granit (Belfort), Allan (Montbéliard), La Mals (Sochaux), L’Arche (Bethoncourt) (voir programme en  pièce jointe ) : spectacles gratuits et obligatoires faisant partie du programme d’enseignement

 

Actions menées avec le partenaire de l’option (Centre Chorégraphique de Franche-Comté à Belfort)

  • Ateliers avec les danseurs intervenants dans le cadre des œuvres au programme
  • Danse Déplacée au Lycée (un danseur du CCN venu danser dans la cours du Lycée) en avril 2011
  • Soirée danse au CCN (extraits dansés par les élèves de seconde et première) le 25 mai 2011

Musique

Les activités musicales au Lycée Cuvier

Suivre un enseignement musical au Lycée Cuvier ne se limite pas aux seules heures de cours ou de chorale…

Des concerts…

Les élèves sont invités à suivre des concerts, programmés par la Scène Nationale du Pays de Montbéliard ou par le Théâtre Musical de Besançon, par exemple. Chaque fois que cela est possible, ils rencontrent les interprètes de ces concerts ou même parfois des compositeurs., comme ce fut le cas avec Michaël Jarrell, compositeur en résidence au Festival de Besançon de septembre 2009 à septembre 2011.

Il arrive même que des musiciens font Irrup’son dans la classe …

Chaque année, la Soirée de Présentation des Disciplines Artistiques retrouve de nombreux élèves d’Arts Plastiques, Danse Musique et Théâtre sur la scène du théâtre l’Allan. Destinée avant tout à montrer à leurs camarades de 3° ce qui est pratiqué dans les sections artistiques du lycée, cette soirée est aussi pour les jeunes artistes l’occasion de construire un spectacle dans des conditions professionnelles.

L’année se termine souvent par une soirée musicale au lycée, en salle polyvalente.

Tous les deux ans, les élèves musiciens participent avec leurs camarades danseuses à un voyage de trois jours à Paris. Au programme, visite de l’Opéra Garnier et de l’Opéra Bastille, de l’Iracm, de musées, concerts et spectacles de danse… en fonction des programmations .